« Quand la SNCF découvre qu’en automne les feuilles ça tombe, qu’en hiver il y a de la neige et que même l’eau ça mouille !! » L’édito de Charles SANNAT

Mes chères impertinentes, mes chers impertinents,

De nos jours, des communicants hyper-performants et bien formés nous expliquent, avec tout un tas d’arguments plus ou moins mauvais, pourquoi le truc que l’on paye, le service que l’on achète, le produit que l’on se procure, soit ne fonctionne pas, soit marche partiellement, ou alors très mal.

Dans cette grande catégorie des « produits » vaseux, vous pouvez mettre les téléphones qui explosent, la machine à laver qui ne lave plus ou encore les autoroutes que l’on doit payer même quand on ne peut pas rouler à la bonne vitesse dessus, sans oublier bien évidemment la SNCF, notre grande société de chemins de fer, qui découvre en cette année de l’an de grâce 2016, sous le règne de notre majestueux plantigrade élyséen qui rêve de présider aux destinées de notre belle contrée pendant 10 ans, que, en automne, les feuilles mortes se ramassent à la pelle.

Retards, annulations : la SNCF face au fléau des feuilles mortes

Voilà ce que nous raconte cet article du Figaro.

« Les feuilles qui s’accumulent sur les voies rendent difficile les conditions de circulation des trains, entraînant de nombreuses perturbations pour les voyageurs. La SNCF a investi plusieurs millions pour faire face au phénomène.

Elles semblent inoffensives, si petites, avec leurs belles couleurs. Mais les feuilles mortes donnent chaque automne des sueurs froides aux cheminots, font subir aux voyageurs retards et annulations, et coûtent cher à la SNCF. Lorsqu’elles tombent sur les voies, et sous l’effet de l’humidité, elles forment une pellicule qui recouvre le rail, et rend plus difficiles l’accélération et le freinage »…

Haaaa, petites feuilles mortes, « si petites », « si belles »… Alors forcément, le Français, qu’il soit plouc, sans-dents ou les deux, a l’humour taquin et je me range dans le lot.

Twitter regorge des moqueries de passagers

Alors voilà, celles et ceux qui prennent le train et que personne ne veut appeler « clients » car à un client on doit une qualité de service, alors on les nomme pudiquement des « usagers », c’est l’enfer automnal parce qu’il y a des feuilles mortes qui ont l’outrecuidance de tomber sur les voies.

Lorsqu’il y a une tempête, les arbres tombent à leur tour sur les voies à nouveau bloquées.

Lorsque c’est l’hiver, la neige, le verglas empêchent au choix les trains de la SNCF d’avancer parce que ça gèle, ça neige ou ça « congère », peu importe.

Lorsque c’est la chasse, les animaux, traqués, viennent se réfugier sur les voies également, sans oublier enfin, la saison de l’été. Oui, l’été, avec son soleil et sa chaleur qui peuvent faire fondre les câbles.

En fait, la SNCF fonctionne bien quand il ne fait ni trop chaud, ni trop froid, que la chasse n’est pas ouverte, qu’il n’y a pas de grève, pas de pluie, pas trop de soleil, pas non plus de neige, qu’il ne gèle pas, qu’il ne grêle pas, que les feuilles ne tombent pas, que le vent ne souffle pas trop fort… Etc., etc. !

Donc en gros, cela marche mal, bien mal, trop mal.

La SNCF à l’image de la déliquescence de notre pays

Et là je ne vous parle même pas de la qualité du personnel, désagréable souvent, odieux parfois, régulièrement agressif, sans oublier les contrôleurs qui vont jusqu’à mettre des amendes qui ne devraient pas être mises à la gueule du client.

Je ne vous parle pas de la non-formation et du non-management donné aux « agents » qui s’occupent des « usagers ».

À leur décharge, la société est devenue « difficile ». Alors la SNCF, qui n’en est qu’une des représentations, évolue de la même façon avec cette déliquescence ahurissante, cette dégradation continue qui va aussi bien du « look » au langage parfois incompréhensible.

Tout devient mauvais, dans une société de plus en plus médiocre, avec des gamins et des jeunes de moins en moins bien formés.

Bref, ce n’est pas la SNCF qui fonctionne mal, c’est la France entière, notre société de chemins de fer n’étant que l’expression de nos vicissitudes collectives.

Vous découvrirez avec stupeur cet hiver les automobilistes bloqués sur les autoroutes enneigées, les préfets expliquer que mieux valait les avoir là, vous découvrirez que le pays n’a ni assez d’électricité, ni assez de sel, ou encore de fioul, vous découvrirez qu’il n’y a pas assez de médicaments dans les hôpitaux, ou de munitions dans nos arsenaux et accessoirement que les caisses de l’État sont désespérément vides… et tout est l’avenant.

Il est déjà trop tard. Préparez-vous !

Charles SANNAT

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