En direct de l’Europe. Revenu universel : l’utopie devient nécessité

Le revenu de base ou revenu universel, proposé par des candidats de tous bords politiques à l’élection présidentielle en France, est une idée qui fait son chemin en Europe.

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franceinfoAnja VogelRadio France

Mis à jour le 20/11/2016 | 23:23
publié le 20/11/2016 | 10:00

Revenu universel
Revenu universel (MAXPPP)

La Finlande est le premier pays à avoir décidé de l’expérimenter dès l’an prochain

Le Parlement européen se montre très intéressé, alors que l’opinion publique française n’y serait pas favorable pour l’instant, selon un sondage.

Le revenu de base ou revenu universel, versé à tous de manière inconditionnelle, indépendamment de la situation financière et familiale et qui pourrait s’ajouter à d’autres sources de revenus : l’idée n’est pas nouvelle. Elle a déjà été évoquée par les philosophes Thomas More et Thomas Paine au XVIe et au XVIIIe siècle ; l’économiste et sociologue français Bernard Friot lui préfère le « salaire à vie« , basé sur le principe que toute activité est créatrice de richesse.

Un revenu longtemps considéré comme une utopie

Le revenu universel est désormais envisagé par plusieurs pays européens et repris par des candidats de droite comme de gauche à l’élection présidentielle française (Benoît Hamon, Nathalie Kosciusko-Morizet, Marie-Noëlle Lienemann et l’écologiste Yannick Jadot).

Le premier ministre Manuel Valls propose un « revenu universel garanti »fusionnant « la plupart » des minima sociaux. Pendant que le département de la Gironde a lancé une simulation pour mesurer les implications et définir les conditions d’expérimentation d’un tel dispositif, une mission d’information du Sénat propose de faire de même « dans des territoires volontaires« .

Tout dépend de quoi on parle et ce qu’on y met

C’est ce qu’explique l’eurodéputée libérale française Sylvie Goulard, soutien d’Emmanuel Macron, qui préside l’intergroupe de lutte contre la pauvreté du Parlement européen. A ce titre, elle s’est rendue en Finlande, où l’opinion publique est majoritairement favorable au revenu universel et qui sera le premier pays européen à l’expérimenter dès le 1er janvier 2017. Pendant deux ans, 2000 demandeurs d’emploi toucheront 560 euros par mois à la place des différentes aides auxquelles ils avaient droit.
Aux Pays-Bas, la ville d’Utrecht a décidé de l’instaurer.

Le projet est également abouti au Québec.
Depuis 1976, l’Alaska reverse chaque année les revenus du pétrole et du gaz à ses résidents de plus de 5 ans, soit actuellement près de 2000 dollars (environ 1800 euros) par personne et par an.
A l’inverse, les Suisses ont rejeté au début de l’été par référendum à près de 76% l’idée d’un revenu de base…à 2260 euros !

Les citoyens français seraient majoritairement opposés à l’idée d’un revenu universel

Un revenu qui serait compris entre 500 et 1000 euros, c’est ce que souligne un sondage Odoxa, publié le 3 novembre : 59% estiment que ce ne serait pas une « bonne » mesure, 62% qu’elle ne serait pas « juste » et 67% pas « réaliste » ; pour 64% elle créerait une société d’ « assistés ».

Et pourtant, « l’évolution du monde du travail, la précarisation des individus, le chômage, les changements de société, le besoin de soigner les personnes âgées ou simplement de vouloir faire une pause, par exemple pour s’occuper de ses enfants, justifie de plus en plus un tel revenu universel », reconnaît Sylvie Goulard. Elle souligne le changement culturel dans notre relation au travail que représente une telle mesure et précise que dans les pays qui y pensent, elle serait financée par une « flat tax », l’impôt à taux unique versé dès le premier euro gagné.

Dans la conception libérale pour « flexibiliser le marché du travail », le revenu universel reste faible et se substitue au salaire minimum et aux différentes prestations sociales. Alors que l’approche « émancipatrice » y voit un outil pour donner aux individus les moyens de se prendre en charge, de se « libérer du travail », d’être autonomes et égaux, tout en redynamisant les activités non-marchandes, associatives, culturelles et citoyennes.

« Le revenu universel est l’occasion de donner corps à l’article 1 de la Déclaration universelle des droits de l’homme« 

Selon cet  article, « tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits », souligne l’eurodéputé belge Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts au Parlement européen. Ce revenu universel, d’un montant plus conséquent, s’appuierait sur une hausse de l’impôt sur le revenu pour les plus hauts salaires, de nouvelles taxes sur le patrimoine ou les transactions financières, la suppression des niches fiscales voire la création monétaire.

A condition évidemment de ne pas « détricoter » les avancées sociales et les droits collectifs, mais au contraire de pérenniser les acquis.

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